Finden Sie uns auf Facebook

Le Web, sauveur et bourreau des langues en dangerLe Web, sauveur et bourreau des langues en danger
News  ¦  11/07/2012  ¦  Frankreich Frankreich

La e-résistance contre l’appauvrissement de notre patrimoine linguistique, criant sur le Net, se dote d’un nouvel outil : la plateforme de collecte de données de Google.

Google au secours des langues en voie de disparition, qui l’eût cru ? Global, anglo-saxon et uniforme, le groupe ne projette pas précisément l’image d’un défenseur de la diversité culturelle et linguistique. C’est peut-être la raison pour laquelle il a décidé, à rebours de cette image, de faire cause commune avec l’Unesco, qui a inclus les langues au sein du patrimoine culturel immatériel de l’humanité en 2003 et lancé la même année un atlas des langues en voie de disparition.

Aujourd’hui, les 7 milliards d’humains qui peuplent la terre parlent entre 6 000 et 7 000 langues. D’ici 2100, la moitié d’entre elles auront disparu, prédit l’Unesco. Des linguistes estiment qu’une langue meurt en moyenne tous les quinze jours.

Une plate-forme de données linguistiques

Pour prêter main forte aux langues en danger Google a créé une plate-forme de collecte de données linguistiques.

Sur la plate-forme de Google, on trouve en vrac :

    le koro, langue du nord-est de l’Inde pratiquée par un millier de locuteurs ;
    le reyesano, langue bolivienne pour laquelle on ne recense plus que douze locuteurs ;
    le poitevin (quelques locuteurs) ;
    le yugh en Russie (deux ou trois locuteurs).

Il s’agit d’« un énorme travail de recensement », explique Anne-Gabrielle Dauba-Pantanacce, porte-parole de Google France.

    « Pour Google.org, l’idée est toujours de mettre à disposition notre expertise et notre technologie. Le but est d’être une ressource pour les chercheurs. »

Un budget resté secret

Depuis le lancement de la plate-forme, le 21 juin, Google a réuni :

    479 documents papier,
    1 927 fichiers audio,
    291 vidéos concernant 3 050 des 7 000 langues en danger recensées sur la plate-forme.

Google garde secret le budget alloué à l’opération.

« Google ne donne pas d’argent mais fournit sa technologie pour développer sa plate-forme », note Rozen Milin, à la tête du programme Sorosoro pour la protection des langues.

    « Ensuite, ils comptent sur les internautes pour la remplir de contenus. S’il n’y a pas de contrôle, on risque d’obtenir un contenu qui ne sera pas très fiable, où il y aura des conneries.

    La dernière fois que je suis allée sur la plate-forme pour voir ce qu’on mettait sur le breton, il y avait tous les livres d’André Breton. »

Le risque Wikipédia

Face au risque de compiler des erreurs et des contenus douteux, comme aux premières heures de Wikipédia, Google souligne la possibilité pour l’internaute de « signaler des contenus douteux : on travaille avec des associations, des experts ».

D’ici quelques mois, Google entend céder la gestion de sa plateforme à des universitaires : le First peoples’ cultural council et à l’Institute for Language Information and Technology (Ilit) de l’Eastern Michigan University.
La domination anglaise

Sur le Web :

    90% des contenus sont rédigés en seulement 12 langues ;
    dont 45% en anglais (alors que c’est la langue maternelle de seulement 5% de la population mondiale).

« On est complètement conscient de ça », insiste la porte-parole de Google France.

    « C’est en partie pour cela que la plate-forme est en sept langues et aussi que nous voulions créer l’Institut culturel [qui administre la plate-forme depuis Paris, ndlr] dans un environnement non anglo-saxon. »

Si l’anglais s’est imposé sur Internet au détriment des autres langues, le Web est à contrario devenu un endroit de résistance et de militantisme pour de nombreuses langues en danger.
« Un dialecte et une armée »

Mais cette e-résistance aura du mal à rivaliser avec les méthodes d’antan, plus violentes. « Le lobbying est longtemps passé par le plastic », ironise Rozen Milin (elle parle du plastic qui fait boum). Avec des résultats :

    « La langue corse, par exemple, est aujourd’hui enseignée dans 50% des classes et Sarkozy a octroyé des programmes de télévision en Corse. »

La survie d’une langue repose sur le fait d’avoir « un dialecte et une armée », répétait pour sa part le linguiste spécialiste du yiddish Max Weinreich, et toute la communauté scientifique avec lui.

A défaut de plastique ou d’armée, avoir une télévision en langue minoritaire, avec des relais sur le Web, constitue une arme de poids.

Le programme Sorosoro – dont le nom signifie « souffle » et « parole » en araki (langue du Vanuatu parlée par 8 personnes) – était financé jusqu’à récemment par la Fondation Chirac. Il met à disposition ses ressources sur son site Internet. Rozen Milin :

    « L’idée est d’envoyer des équipes de tournage pour collecter la substantifique moelle de la langue et de la culture en danger, en partenariat avec des linguistes qui eux, effectuent un travail de description linguistique. [...]

    On rassemble une trentaine d’heures de rush par langue, on filme dans des zones reculées. Une fois transcrit, traduit et dérushé, on dépose cette matière à l’Inathèque, qui fait office de dépôt légal. Les dernières missions effectuées en Guyane portent sur la langue Kali’Na et en Nouvelle Calédonie, sur trois langues kanaks. »

Modifier son clavier

En marge de ces opérations plus ou moins institutionnelles, Global Voices souligne les enjeux de faire vivre les langues menacées sur le Web, au fil de blogs et de forums de discussion, comme AfricanLocalisation le propose pour les langues africaines.

Divers outils permettent aussi de faire vivre des langues minoritaires sur Internet via des modifications du clavier Qwerty et des applis Facebook et Twitter.

Certaines initiatives ciblent l’impérialisme des langues dominantes sur les réseaux sociaux. IndigenousTweets recense par exemple la présence de langues minoritaires dans les tweets.
Et en France ?

Breton, occitan, Franco-provençal... « En France métropolitaine et dans les DOM, on compte environ 70 langues en danger », explique Rozen Milin.

Pour cette ancienne directrice générale de TV Breizh, comme pour la communauté scientifique, la disparition des langues est tout sauf une fatalité :

    « Le breton avait encore 500 000 locuteurs il y a trente ans, comme le gallois. Aujourd’hui, il n’en compte plus que 200 000 qui ont pour la plupart plus de 60 ans, et il est classé par l’Unesco comme “ langue sérieusement en danger ”. Pendant ce temps, le gallois, lui, a gagné 100 000 locuteurs. »

Source: Rue 89

Literature Across Frontiers European Council for Steiner Waldorf Education (ECSWE) EUNIC in Brussels
Europäische Theaterkonvention Europäischer Rat der Literaturübersetzerverbände (CEATL) Community Media Forum Europe
Eurolang Culturelink Europa Esperanto Unio - EEU
Europäisches Forum für fachliche und berufliche Aus- und Weiterbildung (EfVET) ALTE European Federation for Intercultural Learning
Europäische Koordination unabhängiger Produzenten (CEPI) Mercator europäisches Netzwerk für Sprachenvielfalt-Zentren RECIT
Europäischer Künstlerrat (ECA) Europäischer Verband kommerzieller Fernsehanstalten (ATC) Europäischer Verlegerverband (FEP)
Fundación Academia Europea de Yuste Europäischer Verband für Erwachsenenbildung (EAEA) Europäische Föderation nationaler Sprachinstitutionen (EFNIL)
EUROCLIO Europäischer Verlegerrat (EPC) Europäischer Verband für Terminologie (EAFT)
Föderalistische Union Europäischer Volksgruppen (FUEN) EEE-YFU Club de Madrid

"(c) 05/02/2011 - Haftungsausschluss - Copyright European Union National Institutes for Culture" "Diese Website wurde mit Unterstützung der Europäischen Kommission finanziert." Die Verantwortung für den Inhalt dieser Website trägt allein der Verfasser; die Kommission haftet nicht für die weitere Verwendung der darin enthaltenen Angaben.

Newsletter

Bleiben Sie über Poliglotti4.eu auf dem Laufenden

I would say learning the neighbouring language is a very good thing to do

Ruud Halink Netherlands

Twitter